Sous-articles
- Path Chapitre 1 Le Plan
- Path Chapitre 2 L'appart
- Path Chapitre 3 Vomito
- Path Chapitre 4 From Lille To London
- Path Chapitre 5 Je N'y avais pas penser
- Path Chapitre 6 Parle Avec Elle
- Path Chapitre 7 L'envol
Vendredi juillet 2011, c’est là que ma traversée du désert a commencé.
Déjà un mois que Céline était incinérée, et je n’avais plus goût à grand-chose. Dans le récit précédent, j’ai cité un élément fondamental : les cendres d’un défunt ne sont mises à disposition de la famille que 48 h après l’incinération.
Étant donné que personne ne pouvait rester 48 h en Angleterre, il fallait retourner dans cette ville qui m’avait dévoré tout cru, physiquement et nerveusement, un mois plus tôt.
Quand une personne décède, il arrive aussi cette période « magnifique » durant laquelle la famille doit gérer les affaires courantes.
Céline avait passé les derniers temps de sa vie dans le Nord de la France ; il y avait donc aussi un appartement à vider.
Ma mère, la paperasse, ça la saoule — mais, contrairement à moi, elle la fait. Donc elle s’est occupée du rendez-vous avec le proprio, de l’eau, de l’électricité et de toutes les autres joyeusetés.
J’ai aussi, autour de moi, ma deuxième famille : mon deuxième papa, celui qui, contrairement au premier, a TOUJOURS été là pour moi — mon seul et unique Gillou — sans oublier Maman Cathy, qui, elle aussi, est TOUJOURS LÀ.
8 h de trajet pour rejoindre le Nord, 8 h au retour, et — bien entendu — impossible de faire entendre à Mère qu’elle ne devait pas venir (simplement pour des raisons de place).
L’équation, à ce moment-là, était simple :
Cendres de Céline : ultimatum. Elles sont gardées au maximum 30 jours, puis dispersées dans un lieu « prévu à cet effet ».
Vider l’appart : une voiture et 4 personnes → on ne rentre rien ; et une personne seule ne peut pas conduire 16 h d’affilée.
Tout le monde est à sec à force de dépenses (oui, des funérailles, ça coûte).
Je l’ai résolue en décidant d’aller en voiture dans le Nord avec Papa Gillou, Maman Cathy et ma mère, pour vider l’appart, passer le week-end à Lille ; puis prendre le bus pour Londres le dimanche soir (pour économiser une nuit d’hôtel), être là-bas aux premières heures le lundi matin, récupérer les cendres, appliquer la règle « ne pas disperser des cendres dans un endroit public en présence de public » en le faisant le plus tôt possible, et prendre un avion pour rentrer.
J’ai tout calé au millimètre près : le plan parfait, répondant aux attentes et besoins de tout le monde. Et, personnellement, je connaissais Lille pour y avoir fait un stage de deux mois.
Après tout ce que j’avais vécu ces dernières semaines, remarcher une journée dans mes pas d’une époque que j’aimais, pourquoi pas. Et, à l’opposé, après ce que Londres m’avait fait subir — et vu ce que j’allais y faire —, y passer le moins de temps possible était aussi un bon plan.
Mais simple question…
Depuis quand mes plans ont-ils la réputation de se dérouler sans accrocs ?