Sous-articles
- The Way Chapitre 1 Un Message Pour Toi
- The Way Chapitre 2 Les Signes
- The Way Chapitre 3 Gatwick s Hell
- The Way Chapitre 4 Circle Line
- The Way Chapitre 5 Escobar Sanctuary
- The Way Chapitre 6 L Auberge Espagnol
- The Way Chapitre 7 Réfléxion
- The Way Chapitre 8 Fucking TinTin
- The Way Chapitre 9 The City s Door
- The Way Chapitre 10 Maya s Spirit
- The Way Chapitre 11 Jour De Funérailles
Tu sais, on en a vu, tous les deux. On est des gosses qui sommes venus après trois autres ; elles ont vécu d’autres choses, elles sont des histoires dans l’histoire. La nôtre n’a rien à voir avec la leur — ni leurs haines, ni leurs mal-êtres.
T’es l’aîné, alors qui d’autre que toi aurait dû tenir la baraque ? J’sais que t’as essayé, mais…
Je suis un drôle de personnage — que ce site en garde trace — mais j’ai la fierté d’être resté droit dans mes pompes. Qu’elles soient belles, neuves ou usées, ce sont mes chaussures : j’en connais la force, j’accepte les failles, et je vis avec. De la paire qui porte la marque de la frustration et du désir d’un enfant perdu à celle que je portais le jour où on a enterré mémé.
Je suis marqué, oui. Faut pas se leurrer. Mes chaussures, de rue ou de ville, protègent mes pieds : c’est leur boulot. Une bonne paire, c’est tout ce qu’il faut pour avancer. Avec du recul, je me rappelle t’avoir offert une robe magnifique, inspirée par des raisons perso — j’aurais peut-être dû t’offrir des Nike Air à la place.
Ici, le mot d’ordre : zéro non-dit, zéro pessimisme. Je pourrais pondre un exposé sur mes idées, mais à quoi bon ? Comme toujours, on se comprendrait pas. Quand tu voudrais m’aider, tu m’enfoncerais ; et inversement.
Donc… bah FUCK.
On va changer de méthode. Ça a pris trop d’ampleur ; je me mets à cacher des trucs, et ce n’est pas mon habitude. Voilà ma proposition.
Avec le temps j’ai compris quelque chose : ton frère galère, comme toi, mais moi j’ai ce don — tirer le meilleur du pire. Tu écrivais… sur quoi, je l’ignore encore. J’ai fouillé ton PC : rien. Jamais rien eu. Sérieux, t’as planqué ton bouquin où ? Gravé sur des cailloux ? Non : la version officielle, c’est que tu l’as détruit.
C’est con — pour une fois qu’on avait un truc en commun, t’as pas voulu le partager. Choix fait, j’accepte. J’ai une histoire à raconter, et je la raconte à tout le monde pour éviter qu’on répète les mêmes erreurs. Ce n’est pas un reproche, Céline ; c’est que cette histoire nous concerne tous — toi, moi, papa, maman, les sœurs. Tu peux bien allumer l’enfer, tu ne me feras pas fermer ma gueule : la vie est belle, et le silence, je le pense, t’a tué. Alors une dernière fois : amuse-toi, fillette, et rigolons ensemble.
La pilule de Londres a eu du mal à passer, mais c’est une leçon de vie que je te dédie.