Il était une fois une jeune fille d’une beauté singulière, presque irréelle, que l’on appelait Maeva. Fille unique d’un couple de paysans, elle faisait briller la bourgade entière de sa grâce et de sa vivacité. Elle aimait la danse comme on aime l’air, la musique comme on aime le feu. Son rire éclatait souvent dans les champs, clair et cristallin, et chacun y voyait le présage d’un bel avenir.
En ce temps-là, il était commun de dire qu’une jeune fille devenait femme le jour de son quatorzième anniversaire. Ce jour-là, les prétendants, bien mis et le chapeau à la main, défilaient devant la ferme familiale, espérant obtenir la bénédiction des parents pour demander la main de la jeune fille.
Et l’on murmurait que, pour Maeva, le cortège serait sans fin. À l’aube de ce fameux jour, on attendait foule sur le chemin de terre qui menait à la ferme, tant sa beauté et sa douceur avaient éveillé de convoitises.